Les marais de la basse Vire

Un espace sous le niveau des plus hautes marées

Du barrage des Claies de Vire sur la commune de la Meauffe jusqu’à la baie des Veys, le bassin inférieur de la Vire couvre une superficie de 275 km². Près de la moitié correspond au bassin de l’Elle (129 km²), affluent de rive droite.

Avec 3800 ha, la zone humide de la basse Vire apparaît relativement étroite pour l’importance de la rivière (3% de la surface totale du bassin de la Vire, contre 16% sur les marais de la Douve et de la Taute).

Avant la mise en place des digues puis des portes à flots (1826) au pont du Veys, la présence de la mer jusqu’à Saint Lambert (commune de Neuilly-la-Forêt) offrait l’opportunité de nombreuses salines.

Dans le bassin de la Vire, un territoire de 40 km² se situe sous le niveau de la marée centennale. Dans un contexte de réchauffement climatique et d’élévation du niveau de la mer, une réflexion sur l’état et l’entretien des digues marine est engagée par le parc des marais du Cotentin et du Bessin.
La carte suivante permet d’évaluer le territoire couvert par la mer en cas d’une marée centennale, en l’absence des portes à flot et des digues :
ZoneSsNiveauMareeCentennale

Des marais différents selon la fréquence des submersions

On distingue 4 types de marais selon la fréquence des submersions :
– Les périmètres non inondables essentiellement situés en aval de la confluence Elle/Vire ;
– Les périmètres peu fréquemment inondés et de façon temporaire (ex : grand marais sur Neuilly-la-Forêt) ;
– Les marais fréquemment inondés ressuyant rapidement ;
– Les marais fréquemment inondés connaissant des difficultés de ressuyage (ex : cuvette de Saint-Fromond).

Le marais de St Fromond est le plus intéressant sur le plan faunistique et floristique, de part sa nature tourbeuse, et sa topographie : il inonde fréquemment et ressuie difficilement. Le marais de St Fromond couvre une superficie de 400 ha et forme une cuvette tourbeuse, d’altitude inférieure à l’ensemble de la basse vallée. Le marais de Saint-Fromond est alimenté par le canal Vire-Taute dont la prise d’eau se fait dans le bief de Porribet.

Les nombreuses digues, rivières, fossés et ouvrages (clapets, gouttes) qui assurent le ressuyage et l’assainissement des marais et son maintien en eau en période estivale sont entretenus par les Associations Syndicales de marais. Elles sont au nombre de 5 (la plus ancienne datant de 1819).

L’Union des AS est plus récente (1955) et résulte du souhait de sécuriser l’exploitation des terres agricoles de la basse-Vire et d’éviter l’entretien des digues après chaque marée. Son périmètre d’action ne concerne que les grands travaux d’intérêt général : maîtriser les eaux de mer et améliorer l’écoulement des eaux de la Vire. La grande entreprise de l’Union a donc été l’installation des portes à flot, achevées en 1962, et leur maintenance.

Des problématiques spécifiques

Dans le cadre du diagnostic du SAGE du bassin de la Vire, des problématiques spécifiques ont été identifiées sur la basse Vire :
– La chenalisation et la présence de portes à flot ont fait disparaître l’estuaire naturel;
– Les portes à flot entravent la progression naturelle des civelles;
– Les digues, destinées à lutter contre les submersions marines avant la pose des portes à flot, déconnectant le marais du fonctionnement hydrologique naturel du fleuve en empêchant les débordements des eaux de la Vire, et en faisant disparaître les champs d’expansion de crue et les frayères à brochet.

En 1998, un relevé topographique précis a permis d’établir une carte détaillée des altitudes du marais de l’amont de la confluence de l’Elle avec la Vire jusqu’à Porribet.
Alti_pnr99

 

Diagnostic de l’état des digues de la Vire des portes à flot à Poribet :

L’UASBIV réalise actuellement une étude de diagnostic des digue de la Vire située entre les portes à flot et le seuil de Poribet (St-Fromond) afin de disposer d’un état initial des digues aussi précis et complet que possible et d’apprécier les aléas de dysfonctionnement et/ou de rupture de la digue en rapport avec les contraintes hydrauliques externes, sa morphologie et sa constitution interne.

L’inspection visuelle de la digue a permis de repérer les indices de désordres pouvant affecter les digues et d’établir un état initial objectif des ouvrages (afin d’en suivre l’évolution ultérieure).

Diag_visuel_extrait

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Rapport_VersionProvisioire_EGIS_nov2012

Etude UASBIV – EGIS, en cours