Les migrateurs amphihalins

Les migrateurs de la Vire;
L’observatoire piscicole des Claies de Vire.


Les migrateurs de la Vire

Ces espèces apparaissent sur la liste rouge des espèces menacées en France (Muséum National d’Histoire Naturelle, UICN) :

L’anguille est en danger critique d’extinction (CR);
La grande alose, le saumon atlantique et la lamproie fluviatile sont des espèces vulnérables (VU);
La lamproie marine est quasi menacée (NT);

Le plan de gestion des poissons migrateurs (PLAGEPOMI) fournit le cadre juridique aux mesures nécessaires à la pérennité des espèces migratrices et à leur exploitation à travers un encadrement de la pêche dans les différents départements du bassin et des prescriptions particulières concernant la protection et la restauration des habitats, le rétablissement de la libre circulation, le suivi des populations et la communication.

L’anguille est une espèce considérée comme menacée au niveau européen et fait l’objet d’un règlement européen (CE) n°1100/2007 instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles européennes. Conformément à ce règlement, le plan de gestion de l’anguille présenté par la France a été approuvé par la Commission européenne le 15 février 2010. Il est décliné sur le bassin Seine-Normandie : Volet local du plan anguille .

Le saumon
Salmo salar
Le saumon se reproduit en rivière où les jeunes passent 1 à 2 années avant de descendre en mer en diverses zones d’engraissement de l’Atlantique
Nord. Dans les rivières normandes, les saumons ont tendance à revenir en eau douce pour se reproduire après un hiver de mer. Plus de 90 % des géniteurs meurent après leur première reproduction. Le reste, majoritairement des femelles, dévale à nouveau et entame un nouveau cycle, ce sont les ravalés.

Le saumon atlantique se caractérise par une forte pénétration continentale qui exige la continuité biologique sur de longue distance.

En France, l’espèce a vu son aire de répartition se réduire drastiquement au cours du XXème siècle, principalement à cause de la construction d’ouvrages barrant le lit des cours d’eau et infranchissables pour les poissons, jusqu’à faire quasi disparaître l’espèce de certains bassins.
Dans les zones qui lui étaient encore accessibles, le saumon a pâti de la dégradation globale et générale du milieu liée à la pollution de l’eau, à la destruction d’habitats et à l’altération physique du milieu.

Les individus remontant dans la Vire mesurent en moyenne 65 à 70 cm.Le plus grand saumon enregistré au Claies de la Vire mesurait 87 cm (2009).

L’aire de répartition du saumon atlantique

Les aloses
Les Aloses sont de grands migrateurs amphihalins qui se reproduisent en eau douce sur la partie moyenne des axes fluviaux. Elles appartiennent à la même famille que le Hareng ou la Sardine (Clupéidés), présentent une forme aplatie, une bouche dirigée vers le haut et une carène ventrale ornée d’écailles coupantes.

Dans la vire, on trouve l’espèce Alosa alosa (Grande Alose) dont la taille adulte se situe entre 40 et 70 cm pour un poids de 1 à 3.5 kg. Leurs capacités de nage et de saut sont limitées, ce qui rend nécessaire des dispositifs de franchissement adaptés.

L’alose se nourrit de plancton animal.

L’aire de répartition de l’alose

La diminution des populations d’aloses est liée à l’implantation d’obstacles érigés sur les axes de migration et à la destruction des frayères à la suite d’extractions de granulats dans le lit mineur. Cette espèce a ainsi disparu de nombreux cours d’eau côtiers ou considérablement régressé.

Les lamproies
Les Lamproies ne sont pas des poissons au sens strict. Elles font partie d’un groupe de vertébrés très primitifs (les Agnathes). Elles ne possèdent ni machoires, ni écailles, ni nageoires paires, ni colonne vertébrale osseuse. La forme de leur corps ressemble à l’Anguille. Elles ont une sorte de bouche circulaire garnie de dents, fonctionnant comme une ventouse et une série de perforations branchiales en arrière de l’oeil.

On distingue deux espèces amphihalines :
– La Lamproie marine ( Petromyzon marinus ) est de coloration brun-jaune marbrée ou noir et mesure 60 à 80 cm pour un poids de 700 à 900 g.
– La Lamproie fluviatile ( Lampetra fluviatilis ) est plus petite, avec une robe sans marbrure. Elle mesure 25 à 40 cm pour un poids d’environ 60 g.
On trouve aussi sur le bassin de la Vire, la lamproie de Planer qui est résidente et peut mesurer 10 cm.

Les deux espèces se différencient au niveau de leur disque buccal : la Lamproie marine possédant un plus grand nombre de « dents » que la Lamproie fluviatile.

Leur durée de vie moyenne est de 8 ans pour la Lamproie Marine, de 7 ans pour la Lamproie fluviatile.

Les lamproies ont un régime alimentaire parasitaire à base de sang au stade adulte et micro-organismes au stade larvaire.

Autrefois abondantes, elles sont devenues rares dans certains bassins. Comme les autres espèces migratrices anadromes, les Lamproies sont menacées par les barrages, les extractions de granulats en lit mineur et la dégradation générale des habitats (zones de frayères, zones d’abri des larves ou « lits à ammocètes ») et les pollutions diverses. Cette sensibilité est accentuée par une durée de phase larvaire relativement longue.

L’aire de répartition de la lamproie marine

L’anguille
Nom : Anguilla anguilla (Anguille européenne), famille des Anguillidae.

L’Anguille possède une aire de reproduction unique dans la Mer des Sargasses. A l’inverse des autres grands migrateurs, elle colonise les eaux continentales européennes pour y accomplir sa phase de grossissement. Ce poisson serpentiforme présente une nageoire impaire contournant l’extrémité caudale, deux nageoires pectorales et des écailles rudimentaires incluses dans le tégument. Elle ne peut sauter la moindre chute et lutter contre un courant de 1.5 m/s mais elle est capable de reptation sur certaines parois rugueuses humides.

L’Anguille adulte mesure de 30 cm à 1 m pour un poids variant de 300 g à 3 kg.

Régime alimentaire des adulte est composé de crustacés, larves d’insectes, mollusques, poissons. Au stade larvaire, la civelle se nourrit de plancton marin.

L’Anguille peut vivre classiquement de 5 à 10 ans (voire 15 ans) pour les femelles (taille de 60 cm à 1 m), de 3 à 6 ans pour les mâles (taille de 50 cm).

Pour répondre à la demande de l’Europe, la France réalise un suivi de l’évolution des différents stades de l’anguille.
5 stations sont prospectées chaque année sur la Vire. téléchargez les rapports annuels :
Télécharger le suivi anguille 2015
Télécharger le suivi anguille 2010-2011

 

Aire de répartition de l’anguille

Ces éléments sont issus des sites « Eau-France », Fédération de la Manche pour la pêche et la protection du milieu aquatique et DRIEE Ile-de-France.