Charte d’entretien des espaces publics

Charte d’entretien des espaces publics : Traiter moins pour mieux traiter !
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La pollution des eaux par des molécules issues de produits phytosanitaires d’origine non-agricole inquiète. Aussi, la Fédération de Défense contre les organismes nuisibles de Basse-Normandie (FREDON) propose une charte d’entretien des espaces publics avec trois niveaux d’engagement :

1. traiter mieux,
et limiter les risques pour les utilisateurs, le public et l’environnement ;

2. traiter moins,
en proposant une gestion différenciée reposant sur des techniques alternatives au traitement chimique,

3. ne plus traiter du tout
de façon chimique les espaces communaux.

Le Syndicat mixte du Val de Vire, structure porteuse du SAGE, lance une enquête auprès des 99 communes de son territoire pour mieux connaître leurs pratiques et les sensibiliser à l’adhésion au Niveau 1 de la Charte.

A l’horizon 2012 les communes volontaires devront :
* réaliser un audit de leur matériel et de leurs pratiques avec la FREDON,
* former leurs agents techniques (connaissance des techniques chimiques et alternatives),
* informer leurs administrés des méthodes d’entretien communales (chimique ou pas).

Des pesticides dans nos rivières :

Sur le bassin de la Vire : 57 molécules ont été détectées sur 381 prélèvements (de 2001 à 2009) dont 12 de manière prépondérante :
–> 4 molécules ont été détectées dans plus de 10% des prélèvements : Atrazine déséthyl (21%), diuron (16%), triclopyr (14%) et AMPA (13%),

–> 8 molécules ont été détectées dans 5 à 10% des prélèvements : Aminotriazole (8,4%), dinoterbe (8,3%), glyphosate et isoproturon (7,3%), métolachlore (6,8%), acétochlore (6,3%), atrazine (6%) et EDTA (5%).


Les molécules dépassant le plus fréquemment le seuil de 0,1 µg/l :
–> AMPA (8,4% des prélèvements), aminotriazole (7,6%), diuron (7,1%) et EDTA (5,1%).
A noter : le diuron et l’aminotriazole sont souvent « utilisés » en tant qu’herbicide défanant-débroussaillant pour le traitement des allées de parc, jardin et trottoir, les espaces verts, pépinières, horticulture, golfs et terrains de sport.
le diuron est interdit depuis 2008.

Les nouveautés réglementaires :

Arrêté du 27 juin 2011

L’utilisation de tous les produits phytosanitaires est désormais interdite :
*dans les cours de récréation et espaces habituellement fréquentés par les élèves dans l’enceinte des établissements scolaires,
*dans les espaces habituellement fréquentés par les enfants dans l’enceinte des crèches, des haltes-garderies et des centres de loisirs,
*sur les aires de jeux destinées aux enfants dans les parcs, jardins et espaces verts ouverts au public.

L’interdiction porte aussi sur les parcs, jardins, espaces verts, terrains de sport et de loisirs ouverts au public
si les produits utilisés contiennent des substances actives :

*cancérogènes, mutagènes, ou toxiques pour la reproduction,
*persistantes, bioaccumulables et toxiques,
*très persistantes et très bioaccumulables.

si les produits sont explosifs, très toxiques, toxiques ou classés R40, R68, R62, R63, R48/21, R48/20/21, R48/21/22, R48/20/21/22, H200 à 205, H300-301, H330-331, H370, H372, H351, H341, H361f,d et H373 sauf si l’accès aux lieux peut être interdit au public pour une durée d’au moins 12 h après la fin du traitement.